Pour la presse danoise, le sommet patine avant tout parce que les grands pays veulent s'attribuer la gloire d'un accord et empêchent donc le travail des organisateurs locaux. Mais heureusement, Barack “Zorro” Obama est arrivé...
Le président américain Barack Obama au Bella center, Copenhague, 18 décembre 2009.
"
Le voici", annonce un
Jyllands-Posten tonitruant. "Obama a atterri", reprend
Politiken. On le voit, la presse danoise surveille de près chaque pas du très médiatique président américain, attendu ce matin au sommet de Copenhague comme le Messie. C’est la deuxième fois qu’il se rend dans la capitale danoise en seulement quelques mois. Lors de son précédent passage, il avait défendu la candidature de Chicago à l'organisation des Jeux olympiques de 2016. Sans succès. Et la couverture médiatique est au moins aussi intense cette fois que la précédente ! Pour le quotidien danois
Berlingske, l'arrivée de Barack Obama est en effet "le pas décisif qui peut permettre d'obtenir un accord sur le climat".
Ce matin, les journaux locaux ont pu – à nouveau – parler d’un espoir pour un accord climatique. Déjà, l’arrivée la veille des dirigeants des grands pays, comme Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ou Gordon Brown, a permis de relancer les négociations, explique
Berlingske : "L’Europe, Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde vont probablement conclure un accord politique historique cet après-midi pour sauver le climat de la planète. Cela semble sûre, même s’il y a eu tout au long de cette nuit des négociations engagées et très détaillées sur les émissions de gaz à effet de serre et sur le financement de l’aide climatique au pays pauvres." Le journal termine son compte rendu de la situation actuelle en soulignant que l'ex-présidente de la conférence et toujours ministre danoise du Climat et de l'Energie, Connie Hedegaard, a mené ces négociations compliquées toute la nuit, "demandant à ses interlocuteurs de rester car ce n'était pas fini et de ne pas aller dormir alors qu'il était 3 heures du matin !"
Ce dernier commentaire – aussi innocent semble-t-il – a pour but d'insister auprès des lecteurs sur le fait que le gouvernement danois fait de son mieux pour arriver à un accord, et que donc les nombreux reproches qui lui sont faits sont injustifiés. La presse du royaume évoque en effet le rôle de bouc émissaire que joue son pays. Ainsi, le quotidien
Politiken s'en prend à la presse britannique. L’article s’intitule "Les Danois sont incompétents". "La renommée internationale danoise est en jeu et la manière dont ce pays a mené le sommet climatique est un échec. C'est là ce qu'affirme une série de commentateurs britanniques reconnus qui suivent les négociations à Copenhague", note le journal.
Ce sont surtout le Premier ministre danois, Lars Løkke Rasmussen, et sa ministre Connie Hedegaard, qui sont accusés de ne pas savoir gérer des négociations internationales. Ainsi, analyse
Berlingske, "Il a à la fois été question du rôle de Lars Løkke Rasmussen dans l'affaire du ‘papier danois’, ce projet d'accord qui a été rendu public à la suite d'une fuite la semaine dernière, et dans sa gestion de la réunion de mercredi dernier. Mais il faut aussi remarquer que Connie Hedegaard, qui a agi avec plus de compétence et d'assurance que le Premier ministre, a elle aussi été très critiquée, avec des reproches de manque de patience et d’impolitesse." Le journal souligne que les critiques sur Hedegaard sont venue en premier chef du camp français, "et ce peut être parce que le président Sarkozy est connu pour vouloir conserver pour lui seul chaque victoire politique possible". Donc, conclut Berlingske, quand les dirigeants danois ont renoncé à obtenir un accord et fait appel aux dirigeants des grands pays pour reprendre les négociations, c’était avant tout pour une question de jalousie et de gloire que certains que certains ne veulent pas partager. Les grands pays n’ont pas permis que "le succès d'un accord sur le climat aille au gouvernement danois".